Mind Mapping et créativité

Publié par Cindy le

Cet article est la suite d’une interview au sujet du Mind Mapping publiée sur le blog Apprendre à apprendre.

Je vous invite à lire la première partie : Jean-Pascal Côte, consultant en technologie de l’informatique et passionné de Mind Mapping, aborde la question du business du Mind Mapping, la similitude qui peut être faite avec les neurones ainsi que  la question de la simplicité de la carte.
Dans cet article, Jean-Pascal répond à ma quatrième question au sujet de la créativité.

Nous savons par la pratique que le « Mind Mapping » développe la créativité, mais comment situer cette démarche d’un point de vue neurocognitif ?

Aborder la créativité pour en définir le contour n’est par une tâche aisée. On le constate tous les jours d’ailleurs car la majorité des livres traitant du sujet le cantonne à des techniques plus ou moins pertinentes en le bridant considérablement.

Comment dès lors redonner ses lettres de noblesse à une spécificité humaine qui est au cœur des enjeux économiques de ce début de 21ième siècle ?

Pour éclairer notre propos il me semble nécessaire de revenir à quelques considérations neuroscientifiques afin, dans un premier temps, de préciser le territoire en cause dans le processus de créativité, puis dans un second temps identifier son carburant : la motivation.

Le modèle du cerveau tri-unique de Mc LEAN ([1]) a vécu.

Il est aujourd’hui remplacé par un modèle à 4 étages composé du :

  • Cerveau reptilien gérant les instincts et la survie de l’espèce (En rouge),
  • Cerveau paléolimbique assurant la survie collective, du groupe (En orange),
  • Cerveau néolimbique siège de la conscience, des émotions et de la mémoire à long terme (En jaune),
  • Cerveau préfrontal siège de l’intelligence supérieure humaine (En bleu).

 

Source : http://www.neurocognitivism.fr

 

Le préfrontal, qui ressemble plus à un super calculateur, n’a ni conscience ni mémoire.

Il est le siège de la réflexion, de la créativité, de l’adaptation et de la gestion des émotions. Sans cerveau préfrontal, l’homme est réduit à l’état de grand singe (Bonobo, chimpanzé). Toute notre humanité est liée au préfrontal !

Si la compréhension du siège de la créativité reste accessible il n’en va pas de même de la motivation qui nécessite un petit développement autour des personnalités primaires et secondaires.

C’est entre 0 et 6 mois que se forment dans le cerveau néolimbique nos personnalités primaires (PP) qui seront des empreintes irréversibles durant toute notre vie. Elles seront la source de notre tempérament et de nos talents naturels. Ces personnalités limitées entre 3 et 4, sont au cœur de notre action quotidienne. Elles permettent de recommencer à agir en cas d’échec. Les personnalités primaires sont le cœur et le moteur de notre motivation ([2]).

Les personnalités secondaires (PS) sont quant à elles liées aux conditionnements positifs et négatifs. Les conditionnements positifs vont étendre nos savoirs faire (Exemple : apprentissage d’un métier dans un cadre familiale), alors que les conditionnements négatifs (Education, contexte social, etc.) vont être des freins à nos personnalités primaires.

Diminuer l’influence des personnalités secondaires pour faire émerger nos personnalités primaires est la seule finalité de l’être humain afin d’accéder à une totale harmonie.

Si nous devions décrire les conditions de notre créativité (CNC), en première approche on écrirait CNC = cerveau PF + personnalités primaires ([3]).

Mais cela est-il suffisant ? A vrai dire non car il manque une dimension importante : la nutrition !

De mon point de vue il est absurde de considérer les processus neurocognitifs, et la créativité en particulier, sans y inclure une dimension nutritionnelle.

Harmoniser nos 4 principaux médiateurs chimiques (La dopamine, l’acétylcholine, le GABA, et la sérotonine) à travers une alimentation équilibrée est indispensable pour cette gigantesque usine chimique qu’est notre cerveau ([4]).

Dans ce sens nous pouvons donc compléter notre définition comme suit :

CNC = F( Cerveau PF + personnalités primaires + nutrition).

Oui d’accord me direz-vous mais où situer le « Mind-mapping » dans cette équation ?

Nulle part, car le résultat de la création d’une carte mentale se traduit par une énergie mentale ([5]) qui va stimuler notre préfrontal et favoriser les échanges d’informations avec notre néolimbique, facilitant de ce fait une meilleure prise de conscience.

C’est donc une donnée qui doit être prise en compte dans l’équation globale de la créativité (EGC) sous forme d’énergie de stimulation.

On pourrait donc écrire :

EGC = F( Cerveau PF + personnalités primaires + nutrition).+ Energie de stimulation.

Bien entendu il existe d’autres formes d’énergie de stimulation comme par exemple :

  • La lumière (Soleil, lampe, bougie, feu, etc.)([6])
  • Les couleurs (Mandalas, peintures, etc.)
  • Les sons (La musique, les chants, les mantras, la prière, etc.)
  • Les rythmes (Balancements du corps, la marche)
  • Des pensées positives (Amour, moments agréables, etc.)
  • Le sport
  • Etc…

L’association de ces autres formes d’énergies avec le « Mindmapping » sont tout à fait intéressantes dès lors que l’on souhaite intensifier la créativité (Exemples : Lumière + « Mindmapping », Amour + « Mindmapping »).

 

En conclusion je dirai que le « Mindmapping », en tant qu’énergie de stimulation possède des propriétés associatives qui, sous réserve que les conditions de base soient réunies (CNC), favorise l’émergence de la créativité en mobilisant nos processus cognitifs.

Mais peut-on vraiment parler de conclusion quand on parle de « Mind Mapping » ?

 

Merci Jean-Pascal pour ses réflexions très intéressantes !

Pour d’autres articles sur le Mind Mapping, je vous invite à découvrir le blog http://emapsfree.fr


[1] Roland Guillot/Paul D. MacLean : « Les trois cerveaux de l’homme », Robert Laffont, 1990.

[2] Jacques Fradin/Frédéric Le Moullec : « Manager selon les personnalités », Editions d’organisation, 2006.

[3] Il serait plus exact d’écrire que c’est une fonction du PF et des PP(s).

[4] Dr Eric Braverman : « Un cerveau à 100% », Thierry Souccar Editions, 2007

[5] Basée sur : le texte, l’image, le symbole et le contexte

[6] On regardera avec attention les combinaisons possibles entre « Mindmapping » et phosphénisme (Cf. http://www.phosphenisme.com/).

 


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