Revaloriser l’école … sans tabou

Publié par Olivia le

Diagnostic et perspectives d’action.

ecole en danger

A l’heure où les professeurs sont devenus des techniciens de l’enseignement ; privés de leur autonomie d’action et de décision, notre école sombre et s’enlise…

Notre école est malade, certes, les taux de retards et de décrochages scolaires le prouvent.

Barbara Dufour, l’auteur du livre « Revaloriser l’école…sans tabou » paru aux éditions Couleur livres, dénonce les objectifs détournés de l’état : augmenter les statistiques de réussite et réduire le coût de l’enseignement semblent être leur priorité aux dépends de la qualité de la formation des élèves.

En effet, le redoublement coûte cher et les écarts se creusent !

Ces fameux décrets, fruits de réflexions au cours desquelles les acteurs du terrain sont exclus des débats comme des décisions, se sont avérés inefficaces au fil du temps…

Le «  Contrat pour l’école » tendant à prendre l’enfant là où il est, et, à l’amener au maximum de ses possibilités était pourtant une bien belle idée sur le papier mais, les mesures prévues sont essentiellement d’ordre technique…

Cependant, la réalité est tout autre : l’enseignement par compétences a noyé l’essentiel. Les connaissances de bases ne sont pas nécessairement acquises par tous ! L’auteur nous le démontre par un clin d’œil humoristique sur l’avenir de notre société :

«  Une personne perd connaissance et tombe sur le trottoir. Un médecin se précipite et murmure à son oreille : ne vous en faites pas, j’ai été déclaré compétent mais avant, il faut que je sorte ma tablette et que je consulte le net pour voir de quoi vous souffrez. »

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Dès la fin du primaire, les différences de niveau entre jeunes sont déjà une triste réalité. Il devient urgent de réduire les inégalités sociales !

Comment ?

En assurant une acquisition de savoirs et des compétences de base par l’ensemble des élèves du primaire.

Tous nos jeunes ont besoin d’une solide formation de base. Notre gouvernement a d’ailleurs prévu d’allonger le tronc commun jusqu’à l’âge de 15 ans. Pourquoi pas jusqu’à 16 ans, fin du deuxième degré, à l’image de l’enseignement en Finlande ? Ce dernier serait orienté autour d’activités diverses qui permettraient entre autres au jeune de mieux choisir son orientation future.

Il est important de valoriser les formations techniques et professionnelles et pas uniquement les intellectuelles ;travailler manuellement requiert une véritable intelligence ! Les articles sur les intelligences multiples qui fleurissent de partout nous le démontrent constamment !

Et pourtant, nous manquons de plus en plus de main d’œuvre qualifiée ! Ces filières ont une mauvaise étiquette ; elles sont trop souvent associées à un échec dans le général et à la relégation.

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En effet, en cas d’échec dans le secondaire général, l’état donne le choix entre la relégation et le redoublement.

Une solution pour réduire le redoublement qui lui coûte si cher ?

Qu’en est-il du jeune qui, et c’est de plus en plus rare, a déjà une idée précise de son orientation mais dont les parents redoutent la réputation de la filière technique ?

Une remise en question s’impose ! Les formations qualifiantes devraient faire l’objet d’un véritable choix !

Le « décret inscription », mit sous le feu des projecteurs il y a quelques années, a soulevé beaucoup de résistances.

En augmentant l’hétérogénéité des classes, il a entraîné plus d’exclusion qu’autre chose mais ne le fustigeons pas trop…

Il a amorcé une réflexion sur les mécanismes d’intégrations des jeunes : gardons à l’esprit que la mixité sociale, même si elle peut faire peur, s’avère un réel cadeau à faire à nos enfants. La diversité est source de richesses, de tolérance et de compréhension de l’autre. Que de belles valeurs à leur enseigner !

Que dire de l’enseignement par compétences invoqué dans le « décret mission » ?

L’objectif de ce décret est de rendre les jeunes aptes à résoudre des problèmes et à réaliser des tâches. Mais, les compétences que l’on retrouve dans les référentiels tels que les «  Socles de compétences » en primaire sont, le plus souvent, d’ordre général et terriblement complexes. Comment les enseignants peuvent-ils savoir ce qu’il faut mettre derrière ces termes, comment les enseigner et comment les évaluer ???

Exagération ? Vérifiez par vous-même ! Allez donc jeter un œil curieux sur le site enseignement.be

Face à ces décrets, l’auteur adresse une demande à l’état :

«  Au lieu de dire aux enseignants comment ils doivent faire pour bien enseigner, disons –leur où ils doivent arriver avec leurs élèves et laissons-les trouver la meilleure stratégie

pour atteindre l’objectif. L’important étant d’accompagner au mieux les élèves en respectant leurs besoins tout en variant les approches et les méthodes d’apprentissages. »

 En d’autres termes, rendons leur autonomie aux enseignants et aux écoles tout en leur indiquant clairement les objectifs à atteindre et ils retrouveront leur motivation intrinsèque ! Celle-ci les rendra plus créatifs et performants : un enseignant passionné passionne ses élèves !

Acteurs et autonomes, les enseignants se sentirons revalorisés. Et il est grand temps, car la profession compte de plus en plus d’abandons en début de carrière !

Quand on parle d’enseignants, les premières choses qui viennent à l’esprit de monsieur et madame « Tout le monde » c’est : horaire et congés. Peu de gens pensent à la réalité du métier.

Certes, les enseignants ont un horaire qui semble plus favorable que celui des autres professions. Mais, l’enseignant, contrairement, à la plupart des travailleurs, ne termine pas sa journée dès la porte du domicile franchie : préparations, corrections, travail administratif, conseils d’équipes, entretient du local et du matériel,…

«  Le nombre d’heures prestées en classe doit être multiplié par deux pour refléter la réalité du travail d’un enseignant faisant normalement son boulot. »

L’auteur conclu :

«  Il faut valoriser le travail de l’enseignant en lui donnant de la visibilité : ajuster leur temps de présence à l’école et alléger les missions d’instructions. Il faut leur proposer des outils didactiques variés et de qualité, simplifier et alléger les programmes. Alors, les enseignants pourront élargir leurs missions d’éducation et de socialisation. »

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Envie d’en savoir plus ?

 

En résumé version Mind Map :

Revaloriser l'école sans tabou

 

 

Article Olivia BOCQ pour Nomadity.


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