Comment mémoriser toutes les explications du professeur

Publié par Cindy le

Il vous est tous déjà arrivé de rêvasser en cours.

Peut-être était-il trop compliqué, vous ne compreniez pas les propos du professeur. Ou trop long et, malgré de nombreux efforts, impossible de maintenir votre attention, vous faisant rater quelques informations importantes.

Ou encore le professeur était ennuyeux. Ça arrive, eux-mêmes ne sont pas libres de leurs méthodes et sont soumis à un système qu’ils ne peuvent outrepasser. Ou simplement le cours ne vous intéressait pas, malgré tous vos efforts et ceux de votre enseignant, impossible de focaliser votre attention.

Moi aussi ça m’est arrivé. De nombreuses fois, et ce même alors que le cours était intéressant et le professeur intriguant. Il pouvait même m’arriver de somnoler violemment, vous savez, ce moment où vos paupières faillent à leur seule mission : lutter contre la gravité.

Hormis si vous manquez de sommeil, ces scénarios ne devraient pas se produire. L’École (de nos plus jeunes années aux études supérieures) devrait être un lieu de vie, où chaque étudiant déborderait d’envie d’apprendre. Ce devrait être un lieu de bonheur aussi, où personne ne s’ennuie, où tout le monde s’épanouit.

Mais c’est loin d’être le cas.

Je m’appelle Valentin RozéDonc ça n’est pas moi sur la photo. De rien. » – Captain Obvious)

A ce jour, je suis encore étudiant en faculté de psychologie. J’ai eu l’occasion de fréquenter différentes structures scolaires, et toute avait cette caractéristique commune d’être ennuyeuse. A chaque fois, certaines personnes, certains acteurs de l’enseignement essayaient de se démener pour mettre un peu de couleur dans ces lieux moroses, mais ça n’était pas suffisant.

Durant longtemps, ça ne m’a pas choqué. J’étais conditionné à croire que l’Ecole se déroulait ainsi, dans la souffrance et la fatigue.

Je croyais que c’était à moi, l’élève, l’étudiant, de m’adapter. Puis, au fil de lectures et de conférences, j’ai commencé à porter un regard nouveau sur ces structures.

Et si c’était l’École qui devait s’adapter ? Et c’était aux acteurs de l’enseignement de changer leurs méthodes ? Et si ces élites régissant ce système avaient tort ?

Aujourd’hui je l’affirme, elles ont tort. Sur toute la ligne, et si elles ne sont pas décidés à changer, alors je serai de ceux qui amorceront ce changement, il n’y a pas de temps à perdre à attendre que ces feignasses arrogantes se remettent en question.

C’est avec cet objectif que j’ai lancé Marginal Sup’  : changer l’École. Je veux créer un nouveau système évolutif, qui rendra l’École réellement efficace et infiniment plus attrayante.

Parlons maintenant de ce pourquoi vous êtes venus lire cet article. Depuis un moment maintenant, j’use de différentes techniques et stratégies de mémorisation. Dans un premier temps, c’était pour réduire le temps que je devais consacrer à l’École. Et ce fut franchement efficace.

Mais j’ai décidé d’aller plus loin, et de créer mes propres méthodes à partir de celles existantes. Sur Marginal Sup’, j’enseigne aux étudiants à utiliser correctement leur mémoire, de sorte à maximiser leurs résultats (qu’il soit question de satisfaction personnelle, de soif d’apprendre ou de vulgaires notes) scolaires, universitaires.

Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous une technique dont vous n’avez très probablement jamais entendu parler pour mieux comprendre et mémoriser « en direct » le savoir que vous transmet un professeur lors de son cours.

Cette technique n’a d’ailleurs pas de nom, alors si à la fin de l’article, vous avez une proposition, lâchez-vous ! (promis, je vous citerai durant des années si votre trouvaille m’interpelle)

Cette technique s’organise en 3 étapes et nécessite quelques préparatifs, alors sans plus tarder, voici comment vous devez opérer pour maximiser votre efficacité en cours.

Avant de démarrer la méthode

1) Créer une table de rappel

 La table de rappel est une stratégie de mémorisation très répandue. Celle-ci consiste à coder des images dans des nombres afin de les utiliser comme « rappel » de ces images. Les nombres que vous allez coder iront de 0 à 99, et chacun d’entre eux aura son image attitrée.

Créer une table est très simple, mais vous allez avoir besoin d’un autre outil pour faciliter sa création et renforcer son efficacité : le major system. Si la table de rappel constitue un nouveau langage, alors le major system est son alphabet.

Le voilà  :

ChiffreSon
0"Ss / C" ou "Z"
1"T" ou "D"
2"N"
3"M"
4"R"
5"L"
6"J" ou "Ch"
7"K" ou "Gu"
8"F" ou "V"
9"P" ou "B"

A chaque chiffre correspond une consonne. A partir de ce système, vous allez chercher des mots (des images) correspondant à la phonétique des nombres à relier.

Par exemple :

  • Poisson = 90 (« P » puis « Ss »)
  • Café = 78 (« K » puis « F »)
  • Zoro = 04 (« Z » puis « R »)
  • Lapin = 59 (« L » puis « P »)

Seule compte la phonétique des consonnes. Aussi, vous pouvez prendre quelques libertés, en faisant des mots de 3 ou 4 syllabes, car seules les 2 premières seront utiles (puisque votre table va de 0 à 99). Comme ici :

  • Papillon = 99
  • Étagère = 16 (et non 164)

Je pense que vous avez saisi le principe. N’oubliez pas, c’est votre première table de rappel, pas besoin de faire une « exception » tous les 3 mots, faites simple, votre table n’en sera que plus mémorable.

Celle-ci nous servira tout au long de la méthode, construisez-la avec soin.

2) Connaître cette table de rappel

 Les préparatifs ne sont pas finis. Presque. Avant de mettre en pratique votre nouvel outil, vous allez devoir le connaître. Par cœur.

Vous allez donc devoir la répéter, la revoir. Cela prend très peu de temps alors faites-le 2 fois par jour jusqu’à ce que vous la maîtrisiez. C’est très important que vous la connaissiez sur le bout des doigts, car il en va de votre attention. Vous comprendrez très vite en lisant la suite, mais pour résumer, un outil connu par cœur est un réflexe, il n’est donc pas nécessaire de se concentrer dessus (comme lorsque vous jouez aux jeux-vidéos, si vous connaissez les touches par cœur, elles sont alors un réflexe et vous ne regardez jamais ni la manette ni le clavier).

Par cœur, j’entends la maîtrise, pas l’apprentissage. Je ne vous demande absolument pas de vous fracasser le crâne à coup de répétitions ininterrompues pendant 1 heure, mais de revoir 10 à 20 nombres plusieurs fois par jour pendant 2 minutes, ce sera bien plus efficace.

Voilà, vous êtes prêts à pratiquer. Et juste avant d’entrer dans le vif du sujet, vous allez comprendre les raisons de l’efficacité de cette technique.

Pourquoi cette méthode est très efficace ?

Le fonctionnement de votre mémoire

Les 3 types de mémoire importants dans cette méthode

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais dire « la mémoire » est un abus de langage. On devrait dire « les capacités mémorielles » ou un terme du genre, mais passons, ça n’est absolument pas le plus important. Cependant il faut que vous sachiez que vous avez plusieurs types de mémoire, chacune a sa fonction et toutes sont interdépendantes.

Ici, je ne parlerai que des 3 plus importantes pour cette méthode.

La mémoire de travail

C’est elle qui vous permet de comprendre le monde qui vous entoure, cet article, ou la conversation de vos voisins qui vous distrait. Elle sature très vite car son but n’est pas de retenir des informations brutes. Non, son rôle, c’est synthétiser. Elle ne fait que ça, en permanence, des synthèses. A la fin d’un film, vous ne vous rappelez généralement que de l’histoire, des émotions ressenties, de quelques répliques, de certains décors, etc. Pas du script exact. C’est normal, il ne vous reste qu’une synthèse.
Au passage, cette mémoire sature au bout d’environ 15 secondes, alors ne comptez pas sur elle pour mémoriser à long-terme.

La mémoire épisodique

C’est la « mémoire des souvenirs ». Grâce à elle, vous êtes capables de vous remémorer un événement en fonction du contexte (émotionnel, temporel, etc) dans lequel vous l’avez vécu. Qu’avez-vous mangé hier soir ? Que faisiez-vous le jour de votre dernier anniversaire ? Pour me répondre, vous allez vous replonger dans le contexte puis trouver l’information.

Parfois ce processus va très vite, car le souvenir est extrêmement bien ancré. Parfois ce processus ne se fait plus, car le souvenir/la connaissance/l’information est entré(e) dans la dernière mémoire présentée ici.

La mémoire sémantique

C’est la mémoire du sens, des connaissances définitives, etc. Tout ce qui est acquis, en terme de savoir, est stocké dans cette mémoire. De plus, elle ne nécessite que très peu d’effort, car tout ce qui se trouve à l’intérieur relève du par cœur (la notion d’effort est importante pour la suite).

 

Les 3 phases de la mémorisation

 Et puisque j’aime le chiffre 3, je vais maintenant vous expliquer comment vous retenez une information. En réalité il y a beaucoup plus de phases, dont certaines sont très probablement encore inconnues, mais il est possible de les regrouper en 3 catégories, en 3 « phases principales ».

La phase d’encodage

C’est là que votre mémoire de travail entre en jeu. L’encodage désigne la compréhension, c’est dans cette période que vous assimilez des concepts et les synthétisez. Et (spoiler) c’est là que votre attention aura toute son importance.

La phase d’intégration

Ce vocabulaire fait très informatique. C’est à ce moment que vous allez user de la majorité des stratégies de mémorisation, leurs buts est d’ancrer dans votre mémoire les informations, afin que celles-ci s’en échappent plus difficilement.  C’est tout le principe de « retenir » une information, l’empêcher de s’enfuir. Plus une technique est efficace, plus cela signifie qu’elle vous a permis d’attacher solidement les informations. Et pour les attacher il faut créer des liens.

La phase de consolidation

Parce que si vous n’entretenez pas les liens permettant de retenir les informations, ils vont finir par céder. Vous devez donc les consolider, pour la mémoire cela signifie réviser (vous n’y échapperez pas!).

Les capacités de votre mémoire

J’y reviendrai après vous avoir expliqué la méthode, mais il faut que vous ayez ces deux idées en tête. Cette méthode est moins facile à mettre en place que la réalisation d’une Mind Map ou la création d’un palais mental, cependant, une fois maîtrisée, elles est redoutable. Et cette efficacité vient du fait que votre mémoire est absolument démentielle. A ce point qu’aujourd’hui on ne connaît pas l’étendu de ses capacités, mais à titre d’exemple, on sait qu’un cerveau humain est capable de mémoriser toutes les pages web existantes (deep web et dark web compris). C’est inutile, mais c’est faisable.

 L’importance de la concentration

 Cette méthode sera particulièrement axée sur les deux phases initiales, disons la totalité de la première et la moitié de la seconde pour vous donner une idée.

Elle mélange compréhension et techniques de mémorisation « en direct », d’où le mélange. Cependant, cette technique nécessite de la concentration. De base, elle vous forcera à focaliser votre attention sur le cours, car sinon vous échouerez à la mettre en place, mais elle nécessite un effort de votre part avant même que le cours commence. Vous devez vous préparer. Voici mes quelques petites recommandations :

  • Coupez votre téléphone, il suffit d’une notification, d’un SMS pour vous arracher à l’instant présent et perdre le fil.
  • Prenez de longues inspirations en vous concentrant sur chacune d’entre elles avant que le cours ne commence, disons pendant 30 secondes. Je ne vous demande pas de méditer, mais simplement de faire ce petit exercice, qui vous aidera à focaliser votre attention sur une seule tâche. C’est votre échauffement.
  • Prévenez les voisins avec lesquels vous avez l’habitude de bavarder. Lycée, faculté, écoles, il arrive à tous et partout de discuter, mais cette fois : non. Sinon changez de place.

Je pense que vous êtes prêts, l’apéritif est terminé, passons à table.

Comment mémoriser « en temps réel » ?

1)Arrêtez de tout noter

Si votre objectif est que votre cahier soit plus fourni que votre mémoire, vous faites fausse route. Même si vos cahiers possèdent l’ensemble des informations qui vous ont été dispensés, si vous êtes incapables de les mobiliser « de tête », elles sont presque inutiles.

Première petite règle : ne prenez pas note de ce que vous maîtrisez…pure perte de temps.

2)Votre mémoire est plus efficace que votre cahier

 Sa capacité de stockage est infiniment supérieur, mais vous le savez déjà. Simplement, il sera plus facile de mobiliser un savoir compris qu’un savoir écrit. Cela paraît évident, et pourtant, combien de personnes continuent à absolument tout prendre en note, sans se poser de question, simplement pour avoir l’intégralité du cours au mot près et pouvoir le retravailler « à la maison ». Déjà, tout le monde sait qu’elles n’en feront rien, elles les premières, mais en plus c’est inefficace.

J’ai déjà vu des personnes qui recopiaient les corrections d’exercices sans même les avoir lus ! Hallucinant (hé, si vous le faisiez, c’est un temps révolu n’est-ce pas ? Après cette ligne, vous êtes une personne différente, deal ?).

 3)Arrêtez de procrastiner la compréhension

C’est tout le sujet de l’attention. Malheureusement, la plupart des cours ont cette particularité de ne pas être passionnant (ici, je parle pour le cas français). Je ne blâme pas les professeurs, ils ont un programme et des méthodes à respecter, bien que leur efficacité soit discutable (celle des méthodes). Il n’en reste qu’il n’est pas très aisé de rester attentif du début à la fin du cours. C’est un effort.

Mais vous devez faire cet effort, vous devez vous focaliser sur la compréhension du cours et non sur le recopiage. C’est vrai, c’est plus facile et ça vous donne l’impression de travailler, d’être actif. Mais il n’en est rien, vous êtes en « pilote automatique ». Votre attention est ailleurs. Ce manque d’attention vous est peut-être déjà arrivé lorsque vous lisiez. Vous avancez dans votre roman, entamez un nouveau chapitre, lisez 2, 3, 4 pages et d’un coup, vous vous rendez compte que vous ne savez absolument plus où en est l’histoire. Les dernières pages sont comme absentes de votre mémoire. Pourtant vous les avez lu, vous en êtes certains.

Manque d’attention.

Copier est facile, comprendre l’est moins. Si vous préférez le copiage à la compréhension, vous procrastinez en plein cours.

 4)Utilisez votre table de rappel

 Les bases sont donc établies, vous devez être focalisés sur le cours et arrêter le recopiage. Maintenant, vous allez apprendre comment « prendre des notes mentalement ». Ce processus va vous forcer à synthétiser les informations et à les stocker dans votre mémoire en créant des liens avec votre table de rappel (ça y est, elle est enfin utile!).

5)Créez des associations mentales

Vous allez synthétiser les informations et les associer à des images, et cela en vous basant sur votre propre imagination.

Si par exemple Kennedy vous fait penser à Ken le Survivant (ou Ken le copain de Barbie, tout dépend de vos références), utilisez ce personnage comme image. Si la poussée d’Archimède vous fait penser à Brett Archibald (le gars dont l’histoire a inspiré le film ALONE, si vous l’avez vu vous voyez le lien), utilisez-le comme image.

Le but est que chaque point, chaque passage important soit représenté par une image. Ces points importants constituent le tronc et les branches principales de l’arbre symbolique de votre cours, s’ils sont solides, le reste tiendra « tout seul ». 

6)Créez des histoires découlant de ces associations

Ensuite, il vous faudra créer des histoires à partir de ces associations et de votre table de rappel. Le principe est simple, chaque nombre de votre table constitue le moment initial d’une histoire.

Pour créer ces histoires, vous allez faire interagir chaque image avec la précédente et la suivante, le tout en partant de l’image de votre table.
Faites en sorte que vos histoires soient drôles, loufoques, sensationnelles, qu’elles fassent appel à des références cinématographiques ou littéraires (dans le déroulement du scénario), cela fera appel à votre mémoire épisodique, une de vos mémoires à long-terme.

Donc, vous partez de l’image « racine » de votre table de rappel, et créez une histoire « en direct » pendant le cours, au fur et à mesure que vous comprenez les informations et les points clés. Ne cherchez pas à prendre de l’avance, à aller trop vite, normalement, chaque point clé est évoqué suffisamment longtemps pour que vous ayez le temps de l’intégrer dans votre histoire.

Aussi, vous possédez normalement une table de rappel de 100 images. Alors, à moins que vous soyez obligés de suivre 100 cours différents par jour, créez plusieurs histoires par cours. Ce sera plus simple. Si votre cours se compose de 5 sous-parties différentes, alors chacune d’entre elle mérite sa propre histoire, vous utiliserez donc les 5 premières images de votre table. Et vous reprendrez à la 6ème pour le cours d’après.

Cette première étape (la plus importante et primordiale de toutes) vous permet de rester concentré tout le long du cours, donc de mieux comprendre les principes fondamentaux de celui-ci. Mais quelques détails risquent de vous échapper, même si vous mémoriserez déjà mieux qu’avant.

Alors, comment on fait pour les détails ?

Ce que vous devez faire en plus des histoires

Voilà ce que vous allez faire :

⦁ Pour chaque cours, vous avez plusieurs histoires. Pour chaque histoire, vous avez un point de départ, l’image de votre table, qui correspond à un nombre. Donc, à chaque cours vous prendrez une feuille différente (« Que de nouveautés Val ! »), noterez le titre de celui-ci et le nom de chaque sous-partie, ainsi que son nombre correspondant.

⦁ En dessous de chaque sous-partie, vous allez prendre des notes. Mais de vrais notes ! C’est à dire une date, une formule, les résultats d’une expérience sous forme de données (un pourcentage, une réponse dominante), etc. Ça doit être hyper synthétique, sinon vous focaliserez votre attention sur votre feuille au lieu du cours. Faites comme si vous deviez prendre toutes les notes d’un cours sur un post-it, et n’ayez pas peur d’oublier à quoi vos notes correspondent, car vous aurez en tête la structure principale de votre cours, vous vous souviendrez à quoi correspond chaque trait de crayon (ayez confiance en votre extraordinaire mémoire).

⦁ A la fin de chaque cours, vous jetez rapidement un œil à vos notes (genre vraiment rapidement, 30 secondes).

⦁ A chaque nouveau cours : nouvelle page, et vous reprenez là où vous vous étiez arrêtés dans votre table de rappel. Si le 1er cours va de l’image 0 à l’image 7, le deuxième commencera à la 8ème.

Ce que vous devez faire le soir

Restitution de mémoire

La phase 1 est terminé (relativement, on peut toujours approfondir, améliorer la maîtrise, mais dans ce cas il faudrait faire la division des 3 phases en une multitude de processus cycliques, bref, une autre fois peut-être). De plus, vous avez entamé l’intégration en mémoire avec les techniques vues précédemment.

Je ne vais pas vous expliquer ici comment ancrer à long-terme vos connaissances, il existe de nombreux articles sur le sujet, notamment sur Nomadity ou dans mon guide disponible sur Marginal Sup’. Aussi, c’est à vous de voir quelles techniques vous vont le mieux, celles dont l’utilisation vous fait le plus plaisir (c’est important le plaisir dans l’apprentissage, primordial même).

Vous allez donc directement passer à la troisième phase : la consolidation.

L’importance de la répétition

Si c’est la première fois que vous lisez un article sur la mémorisation, alors vous allez faire une découverte. Si ça n’est pas le cas, alors je vais vous ressortir une courbe que vous avez vu dans quasiment tous les articles sur la mémorisation, j’ai nommé : la courbe du désespoir.

**courbe de l’oubli**
(« Tremblez, infidèles! »)

Aussi appelée la courbe de l’oubli ou la courbe d’Ebbinghaus (plus classe).

Le principe est que, sans répétition, vous allez oublier la majorité de votre cours, la très grande majorité même. Cependant, pour innover un peu aujourd’hui, je vais aussi vous présenter l’avantage de l’oubli (dans cette technique).

D’abord, vous vous rendrez compte que cette courbe n’est pas fataliste. A chaque répétition, à chaque révision, vous allez réactiver vos connaissances, vos acquis, et l’oubli sera de plus en plus diffus. Vous devrez donc revoir les cours du jour (vous savez, toutes ces fois où on vous a dit de relire votre cours le soir même, eh bien là l’École a raison).

Mais vous allez revoir d’une manière différente, vous allez faire du ré-assemblage. Mais soyez tranquilles, tout va bien se passer, si vous avez bien appliqué la 1ère étape, le reste se passera tout seul.

Prenez vos notes, prenez ce qui vous reste de concentration.

Vous allez faire une synthèse de chaque cours que vous avez eu le jour même, tous, sans exception (restez calmes).
Le but n’est pas de faire une restitution parfaite (de toute manière vous n’y arriverez pas), mais une simple réactivation. Vous avez plein d’histoires en tête, vous allez les utiliser.

Vous allez opérer de la manière suivante pour chaque cours :

  • Prenez une fiche, inscrivez le nom du cours
  • Remémorez-vous toutes les histoires (grossièrement, le but est qu’il y ait chaque élément) du cours en question
  • Écrivez pour chaque sous-partie ce dont vous vous souvenez, en vous aidant de vos quelques notes. Pas de phrase, pas d’explication, écrivez l’essentiel. Les mots-clés, les liens (faites des flèches), la chronologie, etc, mais de la manière la plus synthétique possible. Si vous vous comprenez, pas besoin de vous l’expliquer. Vous êtes seul(e)s devant votre feuille je vous rappelle.
  • Essayez de ne pas passer plus de 5 minutes par cours, ça vous entraîne à être rapide et concentré (chronométrez-vous). Cependant, si vous eu 2 cours de 4 heures dans la journée, passez 10 minutes pour chacun d’entre eux, 5 c’est un peu juste.
  • Faites une pause d’une minute (une vraie minute) et passez au cours suivant.
  • Vous avez fini ? OK, c’est bon pour aujourd’hui.

 

Vous avez bâti les fondations

Ce que vous venez de faire, c’est la première réactivation de vos connaissances. De plus, vous avez réalisé cette étape juste avant de dormir, ce qui est particulièrement bon pour la consolidation des connaissances nouvellement acquises.

Par analogie, vous venez de renforcer le tronc et les branches principales de l’arbre de chacun de vos cours. Ainsi, lors de vos futures révision et lectures, vous ajouterez les branchettes, les feuilles, etc (mes bases en biologie végétales sont quelque peu…faiblardes).
Mais vous avez compris, il sera maintenant beaucoup plus simple de mémoriser les détails de chaque cours, car vous possédez les bases fondamentales.

Dernière étape le lendemain matin.

La relecture

Cette étape est assez simple, il vous suffit de relire vos cours et prises de note de la veille, votre synthèse aussi, que vous pourrez comparer au cours de base (oui, ça suppose que vous ayez le cours de base, je vais m’expliquer sur ce point dans la partie : Une méthode qui ne s’applique pas systématiquement).

Mais en tout cas, relisez ce que vous avez en votre possession, c’est suffisant, pas besoin de recherches supplémentaires. C’est une nouvelle réactivation.

Cependant, ne revoyez pas les histoires dans votre table de rappel. Car celle-ci doit servir à nouveau, vous devez les oublier.

L’avantage de l’oubli

Eh oui, heureusement qu’on oublie aussi, sinon il serait impossible de structurer vos souvenirs, votre savoir. Or votre mémoire adore l’organisation (c’est pour ça que vous faites des mind maps par exemple).

Si vous ne devez pas revoir les histoires ancrées dans votre table de rappel, c’est justement pour les oublier. Ainsi, la table sera réutilisable. Il est cependant possible qu’il vous en reste quelques-unes le lendemain. Aucun souci, vous avez 2 solutions :

  • Soit vous « écrasez » les histoires précédentes en créant d’autres histoires « par-dessus ». C’est à dire que vous réutilisez les mêmes paires nombre/image afin d’ancrer vos nouveaux cours. Les nouvelles histoires prendront la place des anciennes, n’ayez pas peur de confondre, vous saurez faire la différence entre l’ancienne et la nouvelle et vous focaliserez sur la dernière.
  • Soit vous vous laissez un peu de temps pour oublier les histoires et utilisez d’autres nombres dans votre table de rappel. Celle-ci fait normalement 100 images, il est donc peu probable que vous les ayez toutes utilisées. Si jamais c’est le cas, repassez à la première solution et effacez le vieilles histoires.

Si vous arrivez systématiquement à la fin de votre table de rappel, peut-être sera-t-il judicieux de l’agrandir ou d’en créer une deuxième, mais dans le deuxième cas vous devrez instaurez une règle singulière lors de sa création, afin d’éviter les confusions avec la première. (Laissez certaines informations s’évaporer)

Une méthode qui ne s’applique pas systématiquement

Cette méthode comporte cependant une faiblesse, elle dépend énormément du contexte. Ceci est une liste non-exhaustive des cas où vous ne devriez pas l’utiliser (ou seulement si vous la maîtrisez vraiment bien).

Aucun support de cours

S’il est impossible d’avoir accès à des supports de cours, des diaporamas, des fichiers texte ou des feuilles polycopiés, alors vous devriez éviter. Peut-être pourrez vous combler cette faiblesse en usant du support d’autrui, de quelqu’un qui copie absolument tout mais vous seriez dans ce cas dépendant de quelqu’un d’autre pour l’apprentissage de vos cours, ce qui s’appelle de la coopération. Et la coopération à l’École s’appelle de la tricherie (sauf dans certains rares cas bien moins importants).

De plus, dans un contexte de compétition, il n’est pas désirable de dépendre d’un autre élève (concours, etc).

Un texte et c’est tout (enseignant inactif, etc)

Si vous avez la chance d’avoir un professeur passionnant, qui sait capter votre attention sans que vous n’ayez à faire d’effort, vous êtes chanceux. Cependant, le système (français) n’encourage pas vraiment les professeurs à s’épanouir en classe. Dommage.

Peut-être avez-vous un professeur qui passe la majorité de son temps à vous donner des textes à lire en classe et ne parle que très peu, ne discute pas, n’échange pas avec vous sur le texte mais se contente d’avancer et de passer aux prochaines explications en supposant que le texte est acquis.

Dans ce cas, c’est triste à dire mais vous allez devoir vous focaliser sur le texte en question, analyser la structure, trouver vous-même l’information. Cela vous laisse généralement peu de temps pour la synthétiser et créer des histoires. Parce que ces textes sont très généralement plus difficiles à comprendre que les explications adaptées d’un enseignant.

De plus, vous risquez de divaguer plus facilement, car vous pouvez vous le permettre. Et puisque vous avez le choix, garder un haut niveau d’attention requiert une certaine auto-discipline.

Vous pouvez essayer, mais si vous vous sentez en difficulté, arrêtez. Vous réessaierez lorsque vous maîtriserez davantage la technique, chose que vous apprendrez avec les quelques exercices que j’ai à vous proposer en-dessous.

Session d’exercices

Si vous devez choisir entre appliquer la méthode ou réaliser des exercices, préférez les exercices. Cela revient à pratiquer, et c’est un des meilleurs moyens de comprendre l’information (avec la discussion et l’enseignement).

Donc si votre heure de maths est constituée d’exercices à réaliser, faites-les.

Environnement non adéquate

Cette méthode consiste à vous faire comprendre et mémoriser plus efficacement les cours auxquels vous assistez, notamment en vous « forçant » à atteindre un certain seuil d’attention. Et pour maintenir cette attention, vous avez besoin d’un environnement propice.

Alors si vous êtes dans une classe bruyante, un amphi empli de murmures, il sera difficile de maintenir ce seuil. Si en plus le professeur doit faire des « rappels à l’ordre » (je déteste cette expression, elle donne tellement raison à la phrase « L’École est une prison »), il vous sera compliqué de suivre attentivement le cours.

Vous remarquerez donc qu’il y a des cours où cette méthode s’applique bien mieux que d’autres, à vous de savoir les différencier, à vous de vous adapter au mieux (jusqu’au jour où l’École s’adaptera enfin aux étudiants, on y travaille).

Une méthode qui exige un peu d’entraînement

Une question d’habitude

Ici, rien de secret, plus vous avez l’habitude de pratiquer, plus la pratique devient facile. Puisque cette méthode n’est pas aussi simple à mettre en place que la création de mind map ou l’élaboration d’un palais mental, je vous conseille de vous entraîner avant de l’appliquer en cours.

Mieux vous serez entraînés, plus vous saurez créer des histoires rapidement (et la rapidité est déterminante ici).

Une question d’endurance

La mémoire, ça n’est pas un sprint, c’est un marathon. Il faut de la technique et de l’endurance. Or cette deuxième caractéristique est un peu plus dur à acquérir que la première. Dans les concours de mémorisation, ce qui différencie le plus les participants, ce ne sont pas les techniques (tout le monde a plus ou moins les mêmes), c’est la capacité à les appliquer sur la durée.

Car il est très éprouvant pour un non-initié de mettre en pratique ces techniques longtemps (apprentis jedis, il va falloir vous entraîner si vous voulez maîtriser la Force). La bonne nouvelle est qu’il est simple de s’entraîner. De plus, votre niveau augmentera vite, vous serez plus efficaces et plus endurants en peu de temps (garanti sans pilule).

Comment s’entraîne en dehors des cours ?

Je vous propose ici quelques exercices à réaliser pour vous entraîner. De plus, ces exercices vous permettront d’apprendre quantité de concepts intéressants, c’est du 2 en 1 (parce qu’on est comme ça chez Marginal Sup’ : le cœur sur la main). Je les ai classés par ordre croissant de difficulté :

  • Pratiquer avec des conférences Ted (ou Tedx) : ces conférences ont 2 avantages, elles sont courtes (10 à 20 minutes) et elles captent facilement votre attention, car les intervenants ont été formés à la prise de parole en publique. Les conférences sont courtes, résumez chacune d’entre elles en une histoire.
  • Pratiquez avec de longues conférences : celles qui font entre 1h30 et 2h. Elles sont plus difficiles car plus longues. Essayez de choisir celles de personnes captivantes. L’avantage est que vous pouvez mettre en pause la conférence s’il vous faut un peu de temps pour créer votre histoire.
  • Pratiquez lors des cours faciles : ou dans lesquels vous avez des facilités. Ici, vous n’avez plus la possibilité de mettre sur pause (ou alors expliquez-moi comment vous faites, il y a quelques personnes que j’aimerai mettre en pause). Lorsque vous maîtriserez cet exercice, vous serez capables d’appliquer la méthode dans tous les cours que vous aurez choisi. Mais voici quand même un dernier exercice de perfectionnement.
  • Pratiquez avec des conférences Ted accélérées : que vous les mettiez en x1.5 ou en x2, celles-ci restent compréhensibles. Maintenant la difficulté est qu’en plus de comprendre à cette vitesse, vous devez synthétiser et créer une histoire. Pour pimenter le tout, essayez de ne pas les mettre en pause (en tout vous pourrez considérer maîtriser cette exercice lorsque vous saurez le faire sans pause). Toujours pareil, 1 conférence = 1 histoire.
    Si vous êtes chaud bouillant : conférence de 2 h en x2 sans pause.
    Level sup : la même chose, en anglais.
    Level sup sup : John Moschitta Jr (bon courage)

Une fois ces 4 exercices maîtrisés (les 4 premiers, pas les variantes « sup » inutiles), les cours vous paraîtront lents, si bien qu’il sera facile pour vous d’effectuer les différentes tâches requises par cette méthode. Vous saurez aussi prendre de plus en plus de notes « de tête », ce qui améliorera encore votre compréhension.

Je sais, vous ne vous attendiez peut-être pas à une technique de ce « niveau », car oui, il risque d’être un peu difficile de la mettre en place au début, en tout cas vous devrez faire quelques efforts et investir un peu de temps en dehors des cours. Mais ça n’est pas un sprint, votre objectif n’est pas de la maîtriser dans 2 jours.

Prenez votre temps, le jeu en vaut la chandelle. Exercez-vous régulièrement pendant 2 semaines et vous verrez alors l’énorme différence au niveau de votre compréhension et de votre mémorisation lors de ces cours que vous trouviez difficiles.

Faites le test, essayez déjà une première fois avec une conférence Ted (parmi celles qui ont beaucoup de vues, c’est souvent un signe de la capacité des conférenciers à captiver le public). Faites des pauses, prenez le temps de créer vos histoires tout en prenant quelques notes, faites une synthèse plusieurs heures après et si possible, regardez à nouveau la conférence le lendemain (en plusieurs fois s’il le faut).

Vous prendrez vite goût à appliquer mes quelques conseils.

Cette méthode est assez récente, je ne m’en attribue pas la paternité mais je n’en ai jamais entendu parler comme je vous l’ai exposé. Alors vos retours m’intéressent énormément, partagez-les en commentaire ci-dessous ou contactez-moi.

Pour m’envoyer un mail, c’est très simple, j’ai réalisé un guide sur Marginalsup grâce auquel vous apprendrez à mémoriser vos cours à très long-terme (c’est à dire qu’il porte surtout sur les phases 2 et 3 de la mémorisation). Cliquez sur « Marginalsup » et téléchargez le guide, je vous l’enverrai par mail, il vous suffira de répondre à celui que je vous ai envoyé. Et si vous avez une difficulté concernant la mémorisation, peu importe le problème, vous pouvez me contacter aussi.

Je remercie encore une fois Cindy de m’avoir permis de publier sur Nomadity, ce fut un réel plaisir de partager avec vous cette méthode. Et merci à vous de m’avoir lu jusqu’au bout, votre curiosité est flatteuse.

Et retenez ceci, votre mémoire est exceptionnelle, il ne tient qu’à vous d’essayer et de vaincre vos doutes !

A bientôt sur Marginal Sup’ ! Valentin.

 


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Catégories : Mémoire

5 commentaires

sandra henrion · 19 octobre 2018 à 17 h 42 min

J’ai lu avec intérêt la méthode, mais là je la trouve assez difficile (pour moi en tout cas). A voir chez les utilisateurs/trices. Cela serait chouette d’avoir des retours

    Cindy · 19 octobre 2018 à 18 h 00 min

    Merci, Sandra. Je pense qu’il faut tester. A mon avis avec un peu d’habitude, cela devient assez simple. Mais je ne pratique pas les tables de rappel donc Valentin pourra mieux répondre que moi. Je ne suis pas attirée par les techniques de mémorisation pure. Je suis curieuse d’avoir les avis de ceux qui mettent en pratique. 😉

    Valentin Rozé · 20 octobre 2018 à 12 h 17 min

    Merci de ton intérêt Sandra !

    Oui en effet, la différence avec d’autres méthodes est que celle-ci nécessite de la préparation et un peu d’entraînement.

    Mais c’est un bon investissement 😉 De plus, tu vas vite progresser !

medji · 20 octobre 2018 à 20 h 27 min

Bonjour,
Merci pour cet article très interressant sur la mémorisation d’un cours en direct.
La technique et les détails de sa mise en oeuvre sont très bien décrits, les explications sont claires et on comprend chaque étape avec son utilité.
Il aurait été magnifique d’avoir en plus un exemple concret sur un vrai cours, même un cours de psychologie.
Les exemples avec la mise en face à face des termes importants et de leurs images associés puis l’histoire qui les relie auraient permis une meilleur assimilation du concept.
Lorsque je suis en cours de math et que j’écoute le professeur sur l’équation d’une droite qui permet d’avoir la tangente en un point donné. Qu’il parle de notion de fonction dérivée puis de tableau de variation. il est très difficile de suivre le discourt, de comprendre les notions et de rechercher des images pour chaque terme important et d’imaginer une histoire qui relie les diverses images.
C’est certainement faisable mais avec sans doute beaucoup d’entrainement et beaucoup d’imagination.

Bravo Valentin Rozé pour tous les efforts et pour le partage du savoir.

Cordialement

    Valentin Rozé · 22 octobre 2018 à 15 h 11 min

    Bonjour medji,

    Je suis ravi que l’article te plaise, j’ai bien noté pour l’exemple, j’essaierai de le faire systématiquement dans mes articles à présent.

    Oui il est vrai que tu ne réussiras pas à créer d’histoires tout en suivant le cours si tu ne t’es pas entraîné. Mais c’est vraiment une question de pratique. Si tu t’y prépares un peu, tu verras à quelle vitesse tu t’améliores.
    L’imagination aussi ça s’entraîne.

    Je t’encourage à essayer, ne serait-ce qu’avec une petite conférence TED (même une que tu as déjà vu, ça n’en sera que plus facile). Le but est de se familiariser avec le processus.

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