Comprendre son inconscient pour entrevoir un chemin d’évolution grâce au MBTI

Publié par Cindy le

Article proposé par Nicolas.


Personne ne maîtrise parfaitement tous ses agissements. D’ailleurs dans une même situation, nous ne réagissons pas tous instinctivement de la même manière.
Pourtant nous sommes tous des êtres humains !
Nous devrions tous nous comporter de la même façon face à une même situation de la vie…
Mais voilà, un grand nombre de nos agissements, sont dictés par notre cerveau sans forcément qu’on le veuille, indépendamment de nos décisions conscientes.
Réussir à mieux comprendre le fonctionnement inconscient de notre cerveau représente une formidable source d’évolution, un véritable levier de croissance pour nos vies.
A travers cet article je souhaiterais peut-être vous faire découvrir un outil incroyable de connaissance de soi et de compréhension de nos comportements inconscients.


1) Qu’est ce que le MBTI

a) Rapide historique

Sans rentrer dans les détails, il faut savoir que les fondements de cet outil trouvent leur origine dans les travaux de Carl Gustav Jung.
Ce médecin psychiatre suisse, ancien disciple de Sigmund Freud, s’intéressa entre autres, aux comportements de l’homme et à ses fonctions cognitives au cours de la première moitié du XX ème siècle.
Ses travaux furent repris par une mère et sa fille Katerine Cook Briggs et Isabel Briggs Myers, ce qui donna naissance au modèle MBTI.
Ces dernières approfondirent les découvertes du psychologue et réussirent à créer une matrice regroupant l’ensemble des différents modes de fonctionnement préférentiels inconscients chez l’homme.

Image Pixabay

b) 4 axes pour 16 profils psychologiques

Pour schématiser cette matrice, il faut partir des 4 grands axes de préférences qui furent identifiés comme essentiels.
Chacun d’eux détermine la préférence inconsciente donc innée (ceci est très important pour la suite de l’article) dans son fonctionnement au quotidien.
Le premier axe, est celui qui détermine la prédilection qu’a l’individu pour trouver son énergie. Par là, il faut comprendre que nous nous sentons tous plus ou moins en forme au cours de notre journée et que notre cerveau puise sa dynamique de deux manières possibles.

  • Soit, l’individu recharge ses batteries grâce aux interconnexions qu’il crée avec les autres. On appelle cela le mode extraverti (symbolisé par la lettre « E »).
  • Soit à l’inverse, il a besoin pour se ressourcer, de s’isoler de ses semblables. Pour faire simple, trop d’échanges et de discussions l’épuisent !

Le second axe, identifié par le modèle, est celui d’une première fonction cognitive, à savoir celle qui caractérise le mode privilégié par l’individu pour recueillir les informations au quotidien.
En fait, notre cerveau nous fait soit opter pour un mode sensitif, soit pour un mode intuitif.

  • Les individus utilisant prioritairement la Sensation (symbolisés par la lettre « S »), feront appel inconsciemment plus facilement à leurs 5 sens (l’ouïe, l’odorat, le goût, l’odorat et le toucher) pour envoyer de l’information à leur cerveau.
  • Ceux privilégiant l’Intuition (symbolisé par la lettre « N »), utiliserent plutôt leur sixième sens, c’est-à dire qu’elles perçoivent d’abord l’invisible.
    On considère généralement que 70 % des êtres humains sont plus à l’aise en utilisant naturellement la sensation à l’intuition.
    Là où cela est très utile de déterminer ses préférences, c’est qu’un tas de caractéristiques y sont liées naturellement.

Le troisième axe de préférence déterminé par le MBTI concerne une seconde fonction cognitive. Il s’agit de la préférence naturelle que chaque personne a quant à sa façon de réagir aux informations, aux stimuli envoyés au cerveau.

  • Les psychologues considèrent que la moitié des individus prennent leurs décisions d’abord en écoutant leurs émotions, leur cœur (personnes dites « Feeling »)
  • et l’autre moitié accordent davantage d’importance à leur raison, leur logique (personnes dites « Thinking »).

Enfin, le quatrième axe découvert par Isabel Briggs Myers et Katerine Cook est nommé celui du « mode d’action ».

  • D’un côté les personnes résolument tournées vers les possibilités futures et les opportunités qui s’offrent en permanence à elles (elles sont dites «perception»). Ces dernières se caractérisent par leur souplesse et leur adaptabilité.
  • et celles privilégiant le temps présent, le contrôle et la maîtrise (dites « Jugement »). Pour elles c’est l’organisation et la planification qui comptent avant tout.

Ainsi, du fait des multiples combinaisons de ces 4 axes, le modèle MBTI considère qu’il existe 16 personnalités psychologiques différentes chez l’homme.
Il est néanmoins important de préciser que pour chacune des 4 préférences, personne n’est tout l’un ou tout l’autre.
Il vaut mieux voir cela avec l’image d’un curseur.
A ce stade vous pouvez d’ores et déjà essayer de déterminer lequel des 16 profils vous correspond le mieux en réalisant ce test maison.
Je précise que c’est un test maison qui n’a rien d’officiel car les spécialistes considèrent que seul un entretien avec un psychologue qualifié et expert du domaine permet à coup sûr de découvrir son « type MBTI ».
Mais en m’appuyant sur mes lectures, je pense avoir déterminé quelques questions clés.


c) Postulats de départ

Avant de poursuivre, il est nécessaire d’évoquer ici quelques grandes règles admises comme avérées par le modèle psychologique inspiré des travaux de Carl Jung.

L’âge de l’individu :
Tout d’abord, il ne sert à rien de chercher à déterminer le profil psychologique d’un enfant. On considère habituellement que les préférences du cerveau se fixent entre 18 et 20 ans.

On a un seul profil psychologique toute sa vie
Ce postulat renvoie directement à une seconde règle qui est celle de l’évolution dans le temps du profil. On peut certes faire évoluer sa maîtrise des fonctions cognitives (de la dominante à l’inférieure), et c’est là tout l’intérêt de cet outil.
Cependant, un des principes établis est que l’on ne change pas de profil au cours de sa vie.

Chaque fonction se travaille :
Pour faire un parallèle évocateur, on naît droitier ou gaucher et on le reste toute sa vie. On peut certes utiliser l’autre main (avec plus ou moins d’aisance) mais on ne sera jamais plus à l’aise qu’en écrivant avec sa main naturelle.
D’ailleurs, l’utilisation des fonctions cognitives moins naturelles est comme le fait d’écrire de la main gauche pour un droitier. Elle est pénible et demande beaucoup plus d’efforts.

16 profils mais 8 milliards d’individus :
Le fait que le modèle MBTI ne considère que 16 profils psychologiques ne signifie pas qu’il n’existe que 16 types de personnes !
Le risque est grand de croire que définir son type, et ses préférences, revient à nous mettre dans une case.
Certes le nombre de personnalités définies est limité mais après tout il est bien admis qu’il existe les droitiers ET les gauchers ?
Cela ne signifie pas que l’on met les personnes dans une case mais simplement qu’on précise leur zone de confort.
Cartographier la population en 16 types doit donc être vu comme une tentative de comprendre pourquoi tout le monde ne se comporte pas de la même façon dans une même situation.


2) Présentation des 4 familles appelées « tempéraments »

David Keirsey, un psychologue américain, reprit les enseignements du MBTI et fit une découverte de taille en recherchant des corrélations entre les 16 types.
Il mit en évidence que des regroupements des 16 profils étaient possibles en fonction de certains critères pertinents et que cela formait 4 familles appelées « tempéraments ».

a) Les Idéalistes

Le premier de ces tempéraments, rassemble selon ses travaux les 4 profils privilégiant l’intuition pour récolter les informations et prenant leurs décisions avec le cœur.
Les individus dits NF, sont un peu angéliques. Voyant naturellement le bon en l’autre, ils accordent très facilement leur confiance.
En ce sens, ce sont des êtres naturellement bienveillants et aimants.
Très conceptuels (comme tous les intuitifs), ils sont en perpétuelle quête de développement personnel.
Ils voient leur environnement comme un monde de possibilités et s’intéressent particulièrement aux choses abstraites et à la spiritualité.
Leur difficulté majeure est leur manque de sens pratique, de sens du concret, qui font qu’ils n’ont pas toujours les pieds sur terre.
Ces caractéristiques expliquent que l’on retrouve un grand nombre de profils « idéalistes » dans le milieu artistique ou dans celui de la littérature.

John Lennon

b) Les Rationnels

David Keirsey a mis en évidence de nombreux points communs entre 4 autres profils. Les « NT », partagent comme points communs leur intuition qu’il utilisent plus naturellement à leurs 5 sens pour envoyer les informations à leur cerveau et leur manière cartésienne de réagir à ces mêmes données envoyées au cerveau.
Là encore, on retrouve de grandes similitudes de personnalité des individus de ce tempérament.
Les « Rationnels », puisque c’est leur nom, partagent en premier lieu un esprit logique, laissant peu de place aux sentiments.
Peu à l’écoute de leurs émotions, ils fondent leur expertise sur la maîtrise des concepts et se montrent toujours avides de connaissances.
Ils ont tendance à rechercher de nouveaux modèles de développement et se montrent souvent perfectionnistes dans leur démarche.
Leur point faible est indiscutablement leur difficulté à exprimer leurs sentiments ou gérer les émotions des autres. Ils ne sont vraiment pas à l’aise dans ces domaines.
Ces caractéristiques font que l’on retrouve de nombreux profils NT dans les métiers scientifiques, chez les penseurs ou les théoriciens.

Einstein

c) Les Artisans de Projets

Le troisième tempérament identifié par Keirsey, est celui qu’il nomma le tempérament des « artisans» (sous-entendu de nouveaux projets).
Les 4 profils de ce groupe partagent tous la fonction Sensation (pour recueillir l’information) et le fait d’être Perceptif.
Ce sont des êtres particulièrement flexibles et entreprenants dans la vie comme au travail.
Ils se distinguent par leur goût pour la liberté et leur rejet des règles et du cadre qu’ils voient comme des entraves à leur énergie débordante.
Particulièrement orientés vers le concret, les 4 « types » MBTI constituant ce groupe se caractérisent par leur obsession de l’efficacité.
Pour eux, « la fin justifie les moyens » !
Résolument optimistes, ils considèrent qu’à tout problème il existe une solution et ne sont jamais inquiets quant à leur capacité à la trouver.
Si l’on devait souligner, un point faible chez eux, cela serait certainement leur difficulté à aller au bout de leurs idées. Ayant toujours une énorme envie d’entreprendre, ils ont du mal à mener tous leurs projets à leur terme.
Toutes ces particularités font qu’on retrouve souvent les personnes des 4 profils MBTI constituant ce tempérament, dans des postes d’entrepreneurs, d’artisans ou de commerçants.

Winston Churchill

d) Les Gardiens des traditions

Le dernier tempérament identifié par Keirsey, est celui rassemblant les 4 profils connus sous le de nom des « Gardiens » (sous-entendu des traditions).
Ces derniers récoltent les informations à destination de leur cerveau grâce à leurs 5 sens (mode Sensitif) et ont un style de vie organisé (préférence pour le « Jugement »).
S’ils ont eux aussi un vrai sens du concret, à l’inverse des « Artisans » ils sont bien plus conservateurs.
Les 4 types MBTI de cette famille se distinguent par leur sens des valeurs. Pour eux la loyauté et l’honneur ne sont pas de vains mots.
En ça ils garantissent à la Société ou au groupe auquel ils appartiennent une cohésion et une harmonie. Ils servent en quelque sorte de régulateurs et assurent le bon fonctionnement.
Doués pour l’organisation ils ont le besoin d’être en permanence dans l’anticipation ce qui est à l’origine de leur point faible essentiel…
Ils ont beaucoup de mal à s’adapter aux changements et n’ont aucune souplesse dès lors qu’il faut faire évoluer leurs méthodes.
Toutes ces particularités font que l’on retrouve de nombreuses personnes ayant un profil du « tempérament gardien », dans les emplois administratifs nécessitant un suivi des tâches rigoureux et de la persévérance.

Pape François

Bien entendu les descriptions des 4 tempéraments que nous venons d’aborder restent des grandes lignes. Ce sont des descriptifs généraux et il convient d’affiner la personnalité de chaque être pour prendre la mesure de toute sa complexité.
Cependant, cette première segmentation apporte un angle d’analyse de sa personnalité au sein de la Société, fort utile.


3) Utilités de cet outil incroyable !

Maintenant, que vous connaissez un peu mieux cet outil, nous allons nous attacher aux différentes utilisations qui peuvent en être faites sur le chemin de votre croissance.

a) Mieux se connaître pour mieux s’accepter

La première des utilités qui fait du MBTI un formidable levier de changement concerne une douleur communément répandue… l’estime de soi.
Trop de personnes ne croient pas en elles, pour de mauvaises raisons.
Elles se pensent moins bien que les autres, ont un avis dur envers elles-mêmes tout simplement car elles n’ont pas conscience de leur propre potentiel.
C’est précisément sur ce point là, qu’un outil de connaissance de soi comme le MBTI peut se révéler crucial !
Crucial, car il met le doigt de manière incontestable sur leurs caractéristiques de fonctionnement ! En décrivant avec une précision redoutable les points faibles mais également les forces de chacun des 16 types, cet outil nous met devant nos évidences.
Pour les personnes qui ont cette fâcheuse tendance à ne voir que les mauvais aspects de leur personnalité cela a un double avantage :

  • se rendre à l’évidence que tout le monde a des points de faiblesses et qu’elles ne sont pas les seules à « souffrir » de leur émotivité, de leur manque d’assertivité ou que sais-je…
  • et surtout, prendre conscience du formidable potentiel qui sommeille en elles et qu’elles ont toujours considéré comme normal.
    Car là est tout le paradoxe : de nombreuses personnes sont d’accord pour admettre leurs « défauts » (je mets volontairement des guillemets car ce sont plus des faiblesses), mais elles refusent de considérer leurs forces et leurs qualités !
    Les descriptions des 16 profils, sont d’une telle précision qu’elles mettent le doigt sur des caractéristiques aussi bien négatives que positives que nous sommes obligés d’admettre et d’accepter.

b) Gagner en tolérance vis à vis des autres

Après le fait de forcer chaque personne à reconnaître son propre potentiel, il est possible de considérer le MBTI comme un formidable outil de tolérance à l’égard des autres.
Comprendre que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière est une étape essentielle vers l’acceptation de la différence.
Là où il faut considérer cette dimension comme une étape de son chemin de croissance c’est qu’en fin de compte, cet outil de connaissance de soi et des autres, vous confère une ouverture d’esprit incroyable.
Comment en vouloir à une personne qui ne prend ses décisions qu’en s’appuyant sur ses sentiments quand on sait que c’est en quelque sorte le « paramétrage » inné de son cerveau qui l’influence ?
Comment reprocher à un individu de refuser la moindre prise de risque, la moindre évolution en sachant qu’il appartient peut-être au « tempérament » des « Gardiens » ?
Paradoxalement c’est, selon moi, la précision de la description de son propre profil qui démontre que certains traits de personnalité sont innés.
Si vous faites partie du « tempérament idéaliste » (avec une grande sensibilité que la moyenne) , vous serez naturellement enclin à accepter qu’une personne puisse être froide et rationnelle (en tant que « NT »).
Bref, en nous rendant plus tolérant, plus ouvert d’esprit, le MBTI peut contribuer à nous faire vivre la magie du changement.


c) Entrevoir un chemin de développement

Au-delà de ces deux premières fonctions, ce levier de compréhension de soi offre également un magnifique chemin de croissance.
Plus que de donner une photographie de la personnalité de l’individu, c’est bien là une utilité évidente de cet outil : progresser.
Comprendre les fonctions cognitives du cerveau, leurs spécificités, assimiler les mécanismes admis par la théorie du MBTI, permettent d’identifier les actions à entreprendre pour s’améliorer.
En effet, la prise de conscience est une étape cruciale sur la voie du progrès. Comme le dirait n’importe quel psychologue, reconnaître et accepter un fait est primordial si l’on souhaite progresser.
Mais il n’en reste pas moins que comme un joueur de tennis travaille ses points faibles pour les rendre moins handicapants, n’importe quel être humain peut corriger ou atténuer certains traits de sa personnalité.
Travailler sur ce plan signifie réussir à contenir notre élan naturel. Il s’agit là de compléter nos compétences en ajoutant de nouvelles cordes à notre arc.
C’est un peu comme si un footballeur droitier apprenait à tirer du pied gauche. Cela lui donnerait une plus grande adaptabilité, une plus grande flexibilité.


Image Pixabay

Conclusion :

J’espère vous avoir convaincu au travers de cet article de l’incroyable potentiel qui existe en chaque être et que pour découvrir quel est le vôtre, rien de tel que de s’intéresser au fonctionnement de votre cerveau.

Albert Einstein le disait très justement :
« Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide. »

Prendre conscience de ses faiblesses naturelles et distinguer de manière indiscutable ses forces, sont les deux premiers pas sur le chemin de votre croissance.

Nicolas


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1 commentaire

Théo Beaulieu · 2 septembre 2021 à 14 h 37 min

Bonjour,
Je connaissait déjà un petit peu le MBTI, mais je trouve que cet article, argumente encore mieux sur toute l’articulation qu’on peut trouvé autour de cet outil!
Merci

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