La place du coaching de vie dans le business lucratif du bonheur

Publié par Adelyne Albrecht le

Du désaccord vient l’inspiration

Bonjour, je suis Adelyne Albrecht, coach de vie. Dans cet article, je vais exprimer ma vision, ma pratique, mes opinions, au moment où j’écris. Ainsi ce qui est écrit ne présente que moi aujourd’hui, et pas l‘ensemble des coaches, ni moi-même dans 6 mois. N’ayez pas d’inquiétude, rien de très polémique ici, je souhaite juste prévenir les généralités et le gel de mes pensées…

Je suis tombée je ne sais plus comment sur cet article d’une blogueuse, où l’auteure dénonce le business du bien-être. Son texte, avec lequel je ne suis pas en opposition, suscite de ma part de nombreuses réactions, et je souhaite ici clarifier plusieurs généralités qu’elle retranscrit, rebondir sur certaines particularités de son discours, et apporter mes réponses. Je crois que de nombreuses personnes seront d’accord avec elle.

Son article est donc simplement l’opportunité pour moi de donner des précisions sur le coaching de vie, sa base théorique et sa pratique, et des exemples qui ne doivent pas constituer l’objet de généralités.

Le coach de vie ne donne pas de conseils !

Quand je dis que je suis coach de vie, les personnes qui ne savent pas ce que c’est me disent parfois : « tu donnes des conseils sur comment vivre sa vie ? ». Je cite l’article de notre blogueuse : « Un coach de vie qui va te dire comment trouver le bonheur, vraiment ? »

Et bien non, justement. Le coaching, c’est de la maïeutique, c’est l’art de faire accoucher la solution, qui se trouve dans le coaché. Comme Socrate, le coach fait avancer la personne coachée en lui posant des questions, les questions pertinentes au moment pertinent.

C’est pourquoi, personnellement, je crois plus dans le coaching individuel que dans les discours impersonnels des conférences et des livres. Je ne les déconseille pas cependant, car ils peuvent déclencher des prises de conscience qui feront évoluer l’auditeur ou le lecteur. Et comme toute lecture, ils élargissent le champ de pensée et proposent des éclairages et des solutions que le lecteur est libre de mettre en pratique ou non.

questions

Qu’est-ce que le bonheur ?

Le coaching ne prétend pas répondre à cette question, une fois de plus, ça dépend de l’individu, et le sujet du bonheur peut être l’outil d’une séance entière de coaching.

Pour quoi vient-on se faire coacher ? Il y a deux possibilités, soit le client connaît l’objectif qu’il souhaite atteindre, mais ne sait pas comment s’y prendre et souhaite se faire accompagner, soit il n’est pas satisfait de sa situation présente, désire la changer, mais ne sait pas comment s’y prendre et quoi viser pour y parvenir.

Donc le coaching permet effectivement d’accompagner une quête. Je n’ose cependant pas qualifier de « bonheur » l’objet de la quête. Enfin, oui et non, je m’explique. Le coaching nécessite pour être structuré, de traiter un objectif spécifique et mesurable, or le bonheur n’est ni spécifique ni mesurable, j’appelle « je suis heureux » l’intention plutôt que l’objectif du coaching. L’objectif, spécifique et mesurable, est un moyen de favoriser le bonheur.

J’ai entendu des coaches dire que 80% des coachings traitent de la confiance en soi, de l’estime de soi, de l’assertivité, et donc de l’amour de soi. La suite de l’article pourra éclairer en partie ces points.

accomplissement

Ébranler les croyances limitantes

Tout ce que nous pensons, hormis peut-être le fait que nous mourrons tous un jour et quelques autres, sont des croyances. Lorsque celles-ci sont aidantes, pas de problème, on les conserve. Mais le coach est le traqueur et le déstabilisateur des croyances limitantes, celles qui nous empêchent de nous lancer, d’avancer et d’atteindre nos buts. Lorsque le coach en tient une, et que c’est une belle bête, il mitraille de questions visant à remettre en question l’origine et la légitimité de cette croyance.

Parmi les marqueurs de ces croyances, on trouve les « il faut », « tout le monde pense », « on dit » et autres généralités de langage. Là, le coach va interroger : « qui dit, qui pense ? », « il faut pour qui, pour quoi, d’après qui ? », « et vous, qu’en pensez-vous ? ».

Ainsi, lorsque j’ai commencé à lire l’article de blog qui fustige les métiers du bien-être dans leur totalité, et dont l’introduction contient cinq fois « il faut », et bien mon alarme à « il faut » a sonné cinq fois. Il suffit de regarder les liens publicitaires en fin de son article pour identifier qui dit « il faut ». Alors, et vous, qu’en pensez-vous ?

Des années 50 à aujourd’hui

« Les gens n’ont jamais été aussi malheureux qu’aujourd’hui alors qu’on a plein d’experts pour nous montrer la direction du bonheur ». Si un coaché me disait cela en séance, voici ce que je dirais : « J’entends que vous avez l’impression que les gens sont plus malheureux aujourd’hui qu’avant, est-ce bien cela ? Qu’est-ce qui vous fait penser cela ? De quels gens parlez-vous ? Qui sont ces experts, quelles sont les personnes à qui ces experts montrent la direction du bonheur ? etc… »

Je vais tout de même proposer une réponse. Je n’ai pas lu d’étude de psychologie sociale sur le sujet, mais j’ai une hypothèse qui pour moi justifie en partie qu’aujourd’hui et contrairement à la génération de nos grands-parents, nous sommes nombreux en France, et j’oserais généraliser à la société occidentale, à ressentir un certain mal-être qui pourrait s’expliquer par un manque de sens. Pour cela, je me base sur les besoins de Maslow, qui sont représentés sous forme de pyramide à cinq étages. Les deux premiers étages de besoins sont composés des besoins primaires, physiologiques (manger, dormir), et des besoins de sécurité et de confort. Les trois suivants sont les besoins d’appartenance, d’estime, et d’accomplissement. Je considère que tant que les besoins physiologiques et de sécurité ne sont pas satisfaits, une personne ne peut pas concentrer son énergie sur les trois besoins suivants. Une fois les besoins fondamentaux satisfaits, alors la personne peut entreprendre de combler les besoins d’appartenance, d’estime et d’accomplissement. Pour moi, après la seconde guerre mondiale, la classe moyenne s’est affairée à augmenter son niveau de vie pour assurer la sécurité, et cette même classe moyenne aujourd’hui, qui se sent en sécurité, est donc en quête d’appartenance, d’estime, et d’accomplissement, ce à quoi tentent de répondre de manière plus ou moins adéquate (et honnête ?) les métiers du bien-être.

Je demande votre indulgence et de ne pas me demander de préciser ce que j’entends par classe moyenne, sécurité etc.

Pyramide de Maslow

Pyramide de Maslow

Le coach me permettra-t-il d’obtenir le beurre et l’argent du beurre ?…

Non, le coach gardera l’argent !…Trêve de plaisanterie.

Plus tôt, je vous ai dit que l’objectif doit être spécifique et mesurable, et bien il doit aussi être réaliste et fixé dans le temps. Quand le coaché liste ce qu’il souhaite, et que ça fait beaucoup ou trop loin dans le temps dans le cadre d’un coaching, ou bien que c’est à priori difficilement compatible, le coach lui demandera ce qui est le plus important, quelle est la première étape. Les éléments vont être priorisés, ou épurés, afin que le processus soit canalisé.

Ce que je veux communiquer par-là, c’est que le travail du coach reste humble, il est positif, dynamique, motivationnel, confiant, il peut changer durablement votre vie ou votre manière de la voir et de la gérer, il vous amène à l’autonomie et à la reconnaissance de votre propre valeur, mais humblement.

Personnellement, quand je vois des vidéos de développement personnel qui promettent que l’on peut obtenir tout ce que l’on désire, en particulier avec la loi de l’attraction, et en particulier des sommes démentielles d’argent, je suis hermétique au message. Je n’y crois tout simplement pas.

…Seulement s’il y croit

Ce qui m’amène à deux points qui sont pour moi nécessaires, et je rappelle ici que je parle pour moi uniquement, et à l’heure où j’écris, car je n’exclus pas de changer mes points de vue avec l’expérience.

Tout d’abord les valeurs. J’ai besoin pour coacher une personne, que le travail à réaliser soit en accord avec mes valeurs.

Ainsi, je ne souhaite pas, en entreprise, faire du coaching de performance ou du coaching de motivation. Par contre, je souhaite faire du coaching de communication, et d’émergence des talents, de prise de poste. Je souhaite également accompagner le changement, si je crois que celui-ci est au profit des individus.

En coaching individuel, si un coaché vient en disant « je veux gagner 10 millions d’euros », la pratique consiste bien sûr à le questionner, pour quoi faire, combien vous faut-il exactement, sauriez-vous faire avec moins, combien etc. On peut s’arrêter là et partir sur un objectif de gain d’argent, travail qui moi ne me plaira pas, on peut aussi questionner plus avant et s’intéresser aux enjeux ; peut-être découvrira-t-on qu’il recherche la reconnaissance de son père, qu’il veut contrecarrer une humiliation, qu’il recherche une appartenance à un groupe, qu’il veut sauver sa sœur malade etc, et l’objectif ne sera plus d’acheter un yacht mais de clarifier ses valeurs et reconnecter sa vie avec elles, un objectif qui sera en accord avec ma mission en tant que coach.

Cela ne signifie pas que les valeurs du client doivent être les mêmes que les miennes ! Une amie coach a eu une cliente qui avait une relation avec un homme marié ; mon amie a d’abord été mal-à-l’aise car c’est totalement contre ses valeurs à elle, mais lorsqu’elle a découvert la personne, elle a pu adopter la posture de non-jugement qui est un prérequis du coach, et accompagner sa cliente dans la résolution de sa problématique.

Le deuxième point est que le coach doit croire inconditionnellement en les capacités de son client à atteindre ses objectifs.

Un sujet de coaching sur lequel je m’interroge pour le moment, c’est par exemple l’équilibre vie de famille / vie professionnelle, pour une femme cadre. Je sais que ça existe, mais je ne crois pas que ce soit possible pour tout le monde d’avoir un poste à responsabilités à hauteur de son ambition professionnelle, et avoir du temps et de l’énergie pour ses enfants, son mari, son sport, ses copines etc. Voilà un sujet que je serais intéressée de coacher, mais je n’y croirais pas avec tout le monde.

J’ai coaché une cliente sur cette problématique d’énergie, là l’objectif intermédiaire était de trouver un nouveau travail plus respectueux de ses employés, et où ma cliente afficherait ses conditions dès l’embauche.

image papillon

S’occuper de soi ou des autres, il faut choisir !

Il faut, c’est faux ! S’occuper de soi pour mieux s’occuper des autres, cela me semble plus juste. C’est l’histoire du masque à oxygène dans l’avion, les règles nous disent de mettre le sien avant celui de son propre enfant, c’est choquant mais c’est sage.

Les principes du développement personnel, c’est entre autres connaître et exprimer ses besoins, poser ses limites, apprendre à dire non, se centrer sur soi, faire congruer ses valeurs et sa vie, écouter et accueillir ses émotions, s’autoriser à exister tel que l’on est (et j’ajoute œuvrer à améliorer ce qui ne nous satisfait pas), entendre et accepter les compliments, et oui, s’aimer.

Une coach que j’admire (même si je n’adhère pas à tout ce qu’elle dit) définit la bienveillance ainsi :

La bienveillance c’est savoir dire non avec du miel plutôt que oui avec du fiel.

Le triangle dramatique de Karpman nous conseille de n’aider quelqu’un que s’il l’a demandé, et que si nous le voulons bien.

Qui n’a jamais entendu parler de cette infirmière acariâtre qui malmène ses patients, de ce policier qui utilise de son pouvoir pour humilier gratuitement des passants innocents ? Avez-vous déjà rencontré des parents qui une fois leurs enfants partis de la maison, ne savent plus organiser leur temps et se trouvent perdus ? Et le nombre de personnes qui se plaignent d’en faire tellement pour les autres et de ne pas obtenir de reconnaissance. C’est qu’à un moment, ces personnes ont omis de s’occuper d’elles-mêmes.

Pour aider les autres, nous avons besoin de réserves de ressources, il faut donc mettre en place des moyens d’alimenter ces réserves, et se protéger de ce qui consomme nos ressources sans notre accord.

Ne s’occuper que des autres peut aussi être une solution pour se fuir soi-même, donner du sens à sa vie hors de soi, pour moi j’interprète ce comportement comme un signe qu’il y a quelque chose à travailler.

Enfin, cet objectif spécifique, mesurable, réaliste et fixé dans le temps, doit aussi être adapté, ou écologique, c’est-à-dire qu’il ne porte pas atteinte inconsidérément au coaché ou à son environnement. S’occuper de soi n’est pas synonyme d’oppression des autres.

valeurs

Parole de coach

Pour conclure, je cite Cindy, l’hôte de ce blog : « Elle dit le bonheur c’est la vie. Je dirais plutôt que le bonheur est un choix que l’on fait. On n’a besoin de rien pour être heureux. »

Adelyne Albrecht

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Catégories : Coaching

3 commentaires

Aurélie · 2 août 2016 à 7 h 14 min

Bonjour Adelyne,
J’ai le sentiment que certaines personnes ont besoin de trouver un coupable et que les coachs sont une bonne cible. En effet, il est bien plus facile de se déresponsabiliser et de donner tout le pouvoir au coach qui est censé nous rendre heureux en un coup de baguette magique qu’être pleinement acteur de sa vie et des choix que l’on fait. J’ai beaucoup aimé ton article que je trouve clair et très bien écrit.
Bonne journée

    Adelyne · 3 août 2016 à 14 h 51 min

    Bonjour Aurélie,
    Merci pour ton commentaire ça fait vraiment plaisir ces retours ! Pour rebondir sur ce que tu dis, c’est aussi au coach de clarifier dès la première séance ses obligations de moyens et non de résultats, et de poser le cadre, à chacun ses responsabilités et protections 🙂
    Belle journée !

    Cindy · 3 août 2016 à 17 h 01 min

    Merci, Aurélie, pour ton commentaire. Je suis 1000% d’accord sur le fait d’être acteur. Nous sommes responsables de notre bonheur ou malheur 🙂 Le coach peut nous aider à en prendre conscience et oser reprendre le chemin de la responsabilité 😉

    Cindy

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