Apprendre plus rapidement grâce aux techniques visuelles

Publié par Violaine Baix le

Écrit par Violaine Baix

Notre cerveau : le départ de tout apprentissage

Avant d’apprendre à mieux apprendre, il est nécessaire de connaitre le fonctionnement du cerveau. Céline Alvarez, dans son livre « les lois naturelles de l’enfant », compare le cerveau et le web pour mieux comprendre le potentiel de connexion du cerveau. Une synapse permet à deux neurones de se connecter. Sur le web, la connexion se nomme « un lien hypertexte ». A ce jour, le web disposerait de 100 000 milliards de connexions, c’est-à-dire « hyperliens », le cerveau d’un adulte en aurait 300 000 milliards et celui d’un enfant, 1 million de milliards.

Maintenant, fermez les yeux et pensez au visage d’un être cher. Le voyez-vous ? Vous venez juste d’allumer un réseau de quelques centaines de milliers de neurones dans cette jungle. Le moindre de vos souvenirs ou savoirs, la moindre de vos aptitudes, habitudes, sensibilités est en fait un réseau de neurones reliés par des synapses. Un réseau dont la dynamique ne s’arrête jamais.

Pour apprendre de façon efficace, le cerveau doit sélectionner les informations pertinentes à retenir et « oublier » les informations moins importantes : c’est le principe d’inhibition.

Prenez une matière que vous devez étudier, notez tout ce que vous savez sur le sujet à étudier sous le format d’un brainstorming. Une fois cette étape réalisée, regroupez les mots (phrases) par catégories. Enfin, supprimez les éléments qui se ressemblent ou les idées qui veulent dire la même chose. Vous êtes en train d’exercer le principe d’inhibition. Votre cerveau sélectionne l’information nécessaire à une bonne connaissance de la matière à étudier.

L’apprentissage et le canal visuel

Apprendre vient du mot « apprehendere » qui signifie « saisir, prendre pour soi ». L’enfant doit donc « attraper » lui-même ce qui lui semble nécessaire pour grandir.

Les auteurs Xavier Delengaigne et Thérèse De Laboulaye dans le livre « Apprendre à toute vitesse » développent trois niveaux « d’apprendre » :

  • Le premier est le fait que l’on apprend en faisant, par imitation et par répétition. Nous apprenons « à » ;
  • Le deuxième est le fait que l’on reste au niveau des connaissances, de la simple information tout en développant un esprit critique bien nécessaire. Nous apprenons « que » ;
  • Le troisième est le fait que l’on comprend les éléments, que l’on prend les choses ensemble, que l’on crée des liens entre chacune d’elles. Nous apprenons « tout simplement ».

Il est prouvé que l’être humain absorbe 75% de l’information via le canal visuel et que 70% de tous nos récepteurs sensoriels sont situés dans nos yeux. Le visuel a un réel pouvoir sur l’apprentissage !

Pour la plupart d’entre nous, il est possible de créer des images mentales : fermez les yeux, imaginez les mots suivants : un « crayon », un « chat », un « rêve ». Toujours en gardant les yeux fermé : décrivez oralement ce que vous voyez lorsque vous entendez le mot « chat », le mot « crayon » et le mot « rêve ». Ouvrez les yeux, prenez une feuille et de quoi dessiner. Dessinez les trois mots que vous vous êtes imaginés mentalement.

Le Mind Mapping, un outil visuel pour un apprentissage efficace

Le Mind Mapping (ou carte mentale, en français) a été conceptualisé par le psychologue anglais Tony Buzan dans les années 70. Cet outil peut être utilisé pour tout apprentissage : mémoriser un cours, prendre des notes, prendre la parole en public, préparer un exposé, rédiger, comprendre une lecture, etc.

Réaliser une carte mentale est autant un geste physique de mental. Elle est une représentation graphique en deux dimensions des idées. La structure de la carte mentale s’inspire de la nature : les racines d’une plante, un arbre, les nervures d’une feuille, un neurone avec des dendrites. Les idées apparaissent au centre puis se diffusent et se multiplient en périphérie. La carte mentale suit une structure hiérarchique.



Préparez une feuille vierge et des crayons (marqueurs) de couleur. Positionner la feuille au format paysage. Dessinez une bulle au centre de la feuille : notez-y le thème de votre carte (au préalable, réfléchissez à ce que vous voulez transformer en carte mentale : une matière de cours, un livre à résumer, une présentation orale à préparer, etc.). Dessinez des branches partant de la bulle centrale. Inscrivez des mots-clés, en lien avec le thème principal. Des sous-branches peuvent aussi être réalisées. Pour rendre votre carte encore plus visuelle, vous pouvez l’agrémenter de dessins, de pictogrammes qui vous sont propres et qui vous aiderons, encore mieux, à mémoriser l’information.

La carte mentale, une recette très simple :

  • Déterminer le thème et l’objectif de la carte mentale
  • Noter la thématique de la carte au centre de la feuille vierge
  • Ajouter un dessin qui symbolise le thème
  • Entourer le tout
  • Noter les premières idées en relation avec le thème à proximité du centre. Tracer les branches
  • Rebondir sur les idées principales et créer des sous-branches

Cindy Theys – Formation Mind Mapping – https://nomadity.be

Le dessin n’est, parfois, pas un exercice facile pour tout le monde ! Il existe différents logiciels informatiques de Mind Mapping. En voici quelques exemples : Mindview, XMind, FreeMind, iMindMap, Mindomo, MindMeister.


Le sketchnoting ou la manière de croquinoter

Le sketchnoting a été créé par l’Américain Mike Rohde. Il décrit une prise de note mêlant les mots et le dessin. Cette technique est plus récente que le Mind Mapping, elle accompagne le texte d’images. Le sketchnoting va à l’essentiel, il aide à simplifier l’information et la rend assimilable.

Un sketchnote est constitué de plusieurs éléments comme le texte, les conteneurs, les connecteurs, les séparateurs, les listes à puces, la couleur, les images, la structure. Pour le texte, il est préférable d’utiliser différentes polices pour distinguer les titres, les informations importantes.

Les conteneurs servent à délimiter des blocs d’information. Ils peuvent être de différentes formes (rectangles, bulles, nuages, etc.)



Les connecteurs relient l’information et font apparaitre une certaine logique. Ils sont le plus souvent représentés par des flèches.

Les séparateurs permettent de séparer des blocs d’information et de faire apparaitre l’unité d’un bloc. Ce sont des traits plus ou moins épais.

La liste à puces améliore la lisibilité et la compréhension et met en avant un ordre d’idées.



La couleur donne du relief aux idées. Les couleurs dominantes : bleu, rouge, orange permettent de mettre en avant des éléments et le gris de créer des ombres. Le noir permet un bon contraste.

Les images rendent les notes beaucoup plus parlantes. L’idéal est de se constituer une bibliothèque de pictogrammes.



Et enfin, la structure apparait au moyen des blocs, des séparateurs et des connecteurs.    


Familiarisez-vous avec les techniques du sketchnoting, testez et améliorez vos techniques de dessins. Ensuite, si vous participez à une réunion ou une conférence ou un échange : préparez des feuilles vierges, vos crayons (marqueurs) de couleur et installez-vous confortablement afin de pouvoir être libre de vos mouvements. Sketchnotez à tout-va durant la réunion. Une fois rentré(e) chez vous, relisez votre sketchnote et améliorez-le s’il ne vous semble pas complet.


Cet article avait pour ambition de vous parler de la notion «d’apprentissage » avec d’autres mots et de vous faire découvrir deux nouvelles techniques. Ces techniques permettent d’apprendre par soi-même, de bricoler vos supports d’apprentissage. En effet, il est plus facile d’apprendre quand nous y retrouvons du plaisir et surtout quand nous utilisons des techniques que notre cerveau reconnait comme facilitatrices.


Nous vous conseillons les livres :


Autres références :

  • « MindMap – Dessine-moi l’intelligence » de Tony et Barry Buzan ;
  • « Enseigner autrement avec le Mind Mapping- cartes mentales et conceptuelles » de Pierre Mongin et Fabienne de Broeck ;
  • « 30 activités pour devenir un as des cartes mentales » de Stéphanie Eleaume Lachaud ;
  • « Les lois naturelles de l’enfant » de Céline Alvarez.

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Merci à Cyril Maitre pour ses sketchnotes.



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