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Entre doutes et joie

Ce 6 juillet, j’enregistre une vidéo en direct sur la joie. Et je te parle de cet état d’être de joie qui est présent même quand le quotidien parait difficile.

Et puis, il y a les journées comme hier…

Il pleut, il fait gris. Mes pensées sont grises.

Je suis découragée au niveau professionnel. Les formations ne se vendent qu’en promo à des tarifs dérisoires qui ne me permettent même pas d’entrer dans mes frais. Les clients en coaching sont des anciens ou des personnes dont le mari, le fils, la mère… sont venus en coaching chez moi. J’ai énormément de gratitudes pour mes clients fidèles et le fait qu’ils me recommandent. Et en même temps, me vient la question « Pourquoi je n’attire pas de nouveaux clients ? ». Aucunes personnes totalement nouvelles depuis notre déménagement.  C’est vrai qu’il y a moins d’habitants par ici, qu’il y a eu le confinement… Je peux trouver plein d’explications. Tu le sais si tu suis mes vidéos, la question du « pourquoi » n’est pas la bonne. Elle te maintient dans ton malaise, dans un état de victime. Je sais que la bonne question est « comment » et en même temps il y a des jours comme ça…

Ces derniers temps, je suis dans les recommandés pour mettre fin à mes collaborations. Je pensais avoir appris la leçon après mon expérience avec un centre de formation à distance. Je viens de me rendre compte que l’un mes cours s’est vendu à près de 4000 exemplaires sur un site de formations en ligne et quand je vois ce que j’ai été rémunéré cela ne représente même pas 50 cents par cours. Je paie une entreprise pour m’apporter des clients en coaching, mais ils ne m’envoient personne. Je reçois une proposition pour mon portrait dans un magazine féminin. Ensuite, j’apprends qu’il faut payer et pas une petite somme. Le discours marketing est bien rodé et la personne veut une réponse avant ce jeudi. J’ai fait assez de formation en vente pour ne plus me laisser prendre et pourtant un instant j’ai pensé dire oui. Je ne me retrouve plus dans ces façons de fonctionner. Pour moi, cela fait partie de l’ancien monde.

Tu me dis que les activités en présentiel  ne se font pas pour me laisser le temps de faire plus de choses en ligne. Que faire de plus ? Ce ne sont plus des centaines de vidéos mais plus de mille vidéos en ligne si on compte les différents réseaux. Vas-tu toutes les regarder ? Sans parler des centaines d’articles. J’avoue être découragée par le peu de réactions aux vidéos. Et je sais que ce n’est pas parce qu’elle manque de valeur.

Tu me dis que je devrais faire une nouvelle formation en ligne pour mes clients fidèles. Je ne vois plus le sens de ce toujours plus. Je ressens plutôt un besoin de nettoyage, de simplification.

Cela va plus loin qu’une remise en question et que le réalignement que j’ai démarré cet hiver. Hier, j’ai pensé tout abandonner. Alors vient la question « Pour faire quoi ? ». Juste être, c’est beau, mais ça ne paie pas les factures. Tiens… encore cette peur du manque d’argent. Je pensais pourtant l’avoir bien travaillée. C’est comme ça le développement personnel. Le chemin n’est pas en ligne droite. Donc, quand tu t’inquiètes de ne pas faire de progrès, dis-toi que même les coachs ont parfois l’impression de régresser.

Et la question professionnelle n’était que passagère. Une autre peur était plus présente hier. La peur de la maladie de lyme suite aux différentes piqures de tiques que j’ai eues ces derniers mois et d’une rougeur qui se développe.  Quand on y réfléchi bien, une tique c’est quoi ? Un parasite. Et là qu’est-ce que je fais ? Je me laisse parasiter par mes pensées de peur, par les peurs des autres, par les croyances des autres. Je pensais avoir dépassé ça. Je pensais être capable de ne plus me laisser envahir par les peurs et la basse énergie des autres. Qu’est-ce qui se passe ?

Il se passe que j’ai beau dire que je me fais passer en premier et que je prends mes décisions par moi-même, en ce moment, je suis tournée vers l’extérieur. Je fais des recherches sur les symptômes. Je regarde comment les autres s’habillent. Je remarque le ton inquiet dans leur voix. Je laisse raisonner leur mot dans ma tête « fais attention ». Je préviens toutes les personnes qui viennent chez nous ne me disant que c’est par honnêteté, pour leur santé et sécurité. Et en faisant ça, c’est moi qui entretiens le climat de peur.

Je ne prends plus le temps de véritablement me poser pour écouter mon intuition. Je ne fais même plus mon rituel du matin. Ce rituel me semble avoir moins de sens depuis qu’on est rentré en Belgique. Et encore moins, si je ne peux pas me mettre pieds nus en contacts avec la terre ou m’assoir au sol pour méditer. Alors j’en ai essayé d’autres, sans arriver à les maintenir sur le long terme, sans constater la même joie que j’éprouvais en le faisant au Québec.

Cela fait des semaines que je me dis « il faut que je reprenne un rituel du matin ». Quand tu es dans « il faut », cela ne fonctionne pas. Tu es dans la résistance. Et ce à quoi tu résistes, persiste.

Ce matin, je vois le soleil. Je sors. Je prends mon appareil photo. J’ouvre la porte et je vois cet escargot qui m’invite à la lenteur et à la patience.

Je photographie les fleurs, les potagers. Je veux commencer par une activité qui me met en joie. Qu’est-ce qui me met en joie ? Parfois, c’est important d’aller la rechercher au fond de soi. Hier, c’est comme-ci je ne savais même plus ce qui me mettait en joie.

Je vais jusqu’au petit cercle. Mon petit cercle magique dans lequel je suis venue quelques fois prier.

Je me pose et je fais la prière des quatre directions. Le vent me répond à chaque direction que j’invoque. Je ressens une force incroyable. Le soleil est présent et brille de plus en plus intensément. Je le sens sur ma peau. Je le vois à travers mes paupières fermées.

Après ma prière, je commence à remercier. Je remercie encore et encore. Ma joie augmente tellement que des larmes coulent. Plus de tristesse, plus de peurs, juste des larmes de joie. La joie d’être à nouveau connectée à moi, au vivant. Me vient l’envie de danser.

Je commence la danse. Peu à peu, je perds ma connexion. Je suis dans mes pensées. J’en ai conscience. Cela ne sert à rien que je me dise que je dois rester dans le présent. Cela ne fonctionne pas de cette façon. Plus je me dis qu’il faut être dans le moment présent et plus je suis dans mes pensées. Si je suis de mes pensées, je ne suis pas dans la conscience. Je ne suis pas dans l’être. Je lâche prise. Je laisse mon esprit me dicter cet article. J’accepte d’arrêter mon rituel pour rentrer et t’écrire ce texte.

Il était pourtant venu me prévenir cet escargot. Qu’est-ce qui fait que tu es tellement dans l’impatience ? Oseras-tu faire le pari de la lenteur ?



2 Comments

  1. Elodie says:

    Merci pour cette article qui résonne vraiment avec mon vécu. Pas toujours facile de rester aligné à ce que nous sommes quand de vieilles habitudes reviennent au galop et que les pensées se mettent sur les ondes de la rentabilité, des peurs ou des attentes des autres.
    Cet article m’aide beaucoup à reprendre courage car je me dis que si ça t’arrive même à toi, alors c’est que ça arrive même aux meilleurs d’entre nous et que tout ira bien.
    Merci pour tout ce que tu nous apportes.

  2. Geneviève says:

    Ouf
    Tu as aussi des passages à vidé des moments où, malgré tout ton savoir, tu es en proie au douté ,tu ne sais pas quel chemin prendre”d
    Eh bien cela me rassure et me rend confiance , moi qui me disais que j étais à des années lumière de ce que tu proposes”.. Mais
    je suis aussi très contente que tu aies retrouvé ta ligne de conduite
    Il est probable que ton chemin présentera encore des embûches mais lève bien haut les pieds e t continue à éclairer ceux qui auront la chance de te rencontrer

    Amicalement
    Geneviève

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